31 décembre 2016

504ème semaine politique: Bonne année Mélenchon

(Crédit photographique)

 

Tous les sondages, qu'il ,e faut jamais croire bien sûr, donnent un trio surprise vainqueur de cette pré-campagne présidentielle: Fillon (facile), Macron (improbable) et Mélenchon (surprise!).  Et bien sûr Marine Le Pen, silencieuse à souhait.

L'année s'achève et il est trop tard pour s'inscrire sur les listes électorales et participer à la plus surprenante des élections présidentielles depuis 2002.

Bienvenue en 2017.


La fin de 2016
2016 nous a trahi, fatigué, ému, attristé.

Comme 2015.

Des attentats, des guerres, des morts par milliers, quelques dizaines de trop à Orlando, Bruxelles et Nice sous les coups de fanatiques de Daech. Une guerre en Irak et en Syrie qui vire à la boucherie. La Russie qui s'en mêle, un cessez-le-feu qui se dessine côté syrien en fin d'année sur fond de Yalta entre Turquie et Russie.

La victoire des autocrates aux quatre coins de la planète : un fou meurtrier élu président des Philippines; Erdogan qui déjoue un coup d'Etat en Turquie et emprisonne 50 000 personnes en représailles; Donald Trump qui malgré une campagne xénophobe, misogyne et outrancière l'emporte à la présidentielle américaine; et Poutine, admiré par Fillon, Trump, et Le Pen, qui domine la diplomatie occidentale.

L'Europe qui s'effondre en silence, après le Brexit inconséquent, le scandale Barroso, l'adoption d'un traité libre-échangiste avec le Canada, l'Italie qui fait démissionner Renzi, le "Valls italien"; la Grèce encore menacée par l'Allemagne.

En France, le spectacle politique a ceci de réjouissant qu'il ne ressemble plus à rien de ce que les spécialistes espèrent ou prédisent. Il y a d'abord la trahison Macron. L'ancien banquier, conseiller économique puis ministre de l'Economie de François Hollande ose nous prendre pour des cons en promettant la "Révolution", titre de son ouvrage rapidement écrit un été après sa démission, entre deux une avec sa compagne dans les pages de Paris-Match.

En novembre, la primaire de droite est un succès, quelque 4 millions de cadres sup, retraités et leurs descendances se précipitent pour élire leur champion. Sarkozy est éliminé dès le premier tour de la primaire d'un parti dont il avait ravi la présidence en 2014. Juppé le favori des sondages est écrasé au tour suivant par un Fillon que nul n'avait vu venir. Lequel Fillon aplatit son programme ultra-choquant, utra-libéral, ultra-inégalitaire que personne n'avait réellement lu avant sa désignation, pas même ses soutiens de la primaire.  A gauche, Hollande renonce un 1er décembre. Ses ministres un à un se rangent derrière le dauphine Brutus, aka Manuel Valls, qui se précipite. Valls déclame l'inverse de sa politique. Ensemble, surtout avec lui, tout est possible. Le 49-3 qu'il affectionne ? Il veut le supprimer.

La primaire socialiste bat de l'aile. Gérard Filoche n'est pas qualifié faute de parrainages, mais Cambadélis, premier/dernier secrétaire du PS, exhorte Macron et Mélenchon de rejoindre ce scrutin interne au PS.

Cette démarche est curieuse, le chant du cygne.


La fin du PS
Le renoncement de François Hollande est autre chose que l'abdication courageuse d'un président enfin lucide. C'est un coup de tonnerre, la fin d'un parti politique.  

Le Parti Socialiste avait un président sortant qui renonce à sa réélection. 

Répétez-vous cela à voix haute pour mesurer le choc et la portée. La fin d'un parti.

La primaire socialiste n'a de socialiste que les vestiges institutionnels qui la soutiennent. Manuel Valls s'est jeté dans la partie pour emporter le parti, et le façonner à sa façon. Quoi de plus noble qu'un premier ministre qui prend la relève d'un président défaillant pour sauver l'honneur d'un quinquennat ? C'est en tout cas l'élément de langage, le nouveau mythe que l'on nous sert déjà en coulisses pour assurer à Valls le soutien d'un appareil après la défaite d'avril prochain.

L'OPA de Valls sur le PS se déroule avec une facilité qui apparaîtra déconcertante à celles et ceux qui pensaient le PS encore vivant. Ce parti a pourtant des militants, des sympathisants, une histoire, un honneur. Pris en tenaille entre un macronisme qui se veut "Fillon-compatible" et la France insoumise qui grappille peu à peu ce qu'il reste d'incarnation politique sociale dans les espoirs de ce parti, le PS est tel un poisson rouge hors de son bocal. Puissent ses sympathisants, militants et quelques autres le réaliser à temps.

Emmanuel Macron devrait écraser l'un ou l'autre des vainqueurs de la primaire socialiste. Il mord à pleine bouchée sur le cœur de la cible vallsiste. Il aurait déjà 400 parrainages. Une large fraction des baronnies socialistes locales - Collomb, Patriat. En décembre, Macron réunit et réussit son premier meeting politique Porte de Versailles, comme Sarkozy avant lui. Il s'égosille sur la tribune, il fait rire.

Macron ne fait pas rire. Sa prétendue modernité est une nouvelle décoration de mesures authentiquement libérales et d'un grand retour en arrière. Le candidat "ni de gauche, ni de gauche" fait aussi peur à droite. Il a suffit d'un sondage de popularité qui le propulse devant Fillon, en chute grave, pour que l'alerte soit sonné. Et que l'on découvre que Macron est suffisamment à droite pour mordre sur les sympathisants de ... Fillon.

Notez le glissement à droite.

Qui est surpris ?



Bonne année 2017.


1 commentaire:

  1. Bonne année à Mélenchon, puisque ce sera celle de son baroud d'honneur .

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