De Marrakech à Karachi: un point sur les affaires de Sarkozy

Une villa à Marrakech, un ancien conseiller mis en examen une seconde fois, la fuite d'un proche de Kadhafi... ces derniers jours ont vu quelques révélations supplémentaires qui compliquent le cas judiciaire de Nicolas Sarkozy.

Y aura-t-il une enquête ? L'affaire du villa de Marrakech prétendument offerte à Nicolas Sarkozy il y a quelques mois n'a pas été commentée dans l'entourage de l'ancien Monarque. Ce dernier entame sa seconde semaine de repos au Maroc justement.

A Paris, Edwy Plenel, le patron de Mediapart, a refusé de répondre aux questions des policiers suite à la plainte portée par Nicolas Sarkozy dans l'entre-deux tours, relative à la publication d'une note sur un supposé financement libyen de sa précédente campagne de 2007: « Cette enquête préliminaire pour faux et usage de faux est attentatoire au droit de la presse qui protège une liberté fondamentale des citoyens, qui est le droit de savoir. J'ai donc refusé de répondre aux questions » a-t-il expliqué vendredi 18 mai.

Fin avril, le site d'information Mediapart avait publié une note du 10 décembre 2006, de Moussa Imuhamad Koussa, ex-patron des services secrets libyens, à Bachir Saleh, ex-directeur de cabinet du colonel Kadhafi, relative à « ’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur /Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros. » Assez rapidement, Bachir Saleh, par le biais de son avocat, nia l'authenticité du courrier. Mais tout aussi rapidement, on découvrit qu'il vivait sous protection policière française malgré un mandat de recherche prononcé contre lui par Interpol depuis sa fuite de Libye.

Quelques jours plus tard, début mai, Bachir Saleh a précipitamment quitté notre beau pays, « aussi mystérieusement qu'il était arrivé », relatait , pour l'Express, le 15 mai dernier. « Sans être inquiété, et en emportant avec lui tous les secrets du rapprochement franco-libyen opéré sous l'ère Sarkozy. » On sait que Bachir Saleh était l'interlocuteur privilégié de Claude Guéant dans les relations franco-libyennes. Et notamment lors des négociations de vente de matériel d'espionnage et nucléaire français à la dictature libyenne entre 2005 et 2009.

Bachir Saleh a pu fuir la France le 4 mai, deux jours avant le scrutin présidentiel.

Sans souci, ni contrôle.

Le 16 mai, Mediapart a publié un autre document, une note d'avril 1998 destinée à Lionel Jospin, alors premier ministre, rédigée par deux membres de son cabinet. Ces derniers y rappelaient d'abord le cadre juridique et la législation de nos voisins européens sur la vente de matériel de guerre. Puis,

1. Ils évoquaient des malversations: « deux sujets de malversations sont apparus à propos de l'exportation de matériel de guerre aux Pakistan ». Le premier concernait d'anciennes ventes de Mirage. Le second était... la vente des fameux sous-marins Agosta conclue par le gouvernement Balladur.
2. Mais les auteurs préconisaient toutefois « la poursuite de l’exécution du contrat » car les commissions « ont été en grande majorité déjà versées ». Ils rappelaient que Jacques Chirac avait décidé l'arrêt de versement de ces commissions, interruption qu'ils jugeaient très dangereuse tant visi-à-vis du Pakistan que pour la position de la DCNI sur le marché international.

Mediapart concluait trop rapidement : « Les socialistes savaient. » La formule aurait dû être, « des socialistes savaient ». Au vu des annotations manuscrites sur cette note par Lionel Jospin, on comprend que trois ministres au moins étaient au courant, Alain Richard, Dominique Strauss-Kahn et Hubert Védrine. Et s'ils savaient, pourquoi n'ont-ils rien dit ? C'est l'autre volet de l'affaire. Paradoxalement, cette découverte confirme que les révélations du Karachigate depuis 2009 ne sont pas une obscure manipulation du Parti socialiste, comme l'ont laissé entendre à de nombreuses reprises l'équipe Sarkozy.

La veille de cette publication, on apprenait que Thierry Gaubert, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget de 1993 à 1995 , avait été une seconde fois mis en examen dans le Karachigate, cette fois-ci pour blanchiment aggravé.

Les affaires de Sarkofrance sont loin d'être closes.


Quand Patrick Buisson biberonnait Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez s'est distingué, depuis le printemps 2010, par de violentes saillies contre « l'assistanat » qualifié de « cancer social », et le RSA. A l'époque, la démarche pouvait surprendre pour quelqu'un qui voulait incarner, au sein du camp sarkozyste, la « droite sociale ».

Nous avions consacré un billet au personnage, le 29 décembre dernier, son évolution, ses bourdes, ses ambitions: « 2011, c'est un peu son année. Laurent Wauquiez s'est imposé parmi les premiers de la classe sarkozyenne. C'est un jeune gars qui compte. Le jeune ministre, et ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy, a trouvé sa place sur la scène sarkofrançaise. » écrivions-nous.

Un court passage, pages 49 et 50 du récent ouvrage des journalistes Benjamin Sportouch et Jérôme Chapuis, « le naufragé », nous a éclairé. Les deux auteurs y évoquaient Patrick Buisson, « ce conseiller en transgression » de Nicolas Sarkozy, à qui certains imputent la défaite présidentielle, d'autres la sauvegarde du score final.
« En contrepoids du discours sécuritaire et anti-immigration porté par Claude Guéant, il cherche à développer une politique sociale de droite. Dès 2007, il prend sous son aile Laurent Wauquiez. Le ministre de l'Enseignement Supérieur a lui aussi des intérêts dans ce rapprochement rendu possible par son conseiller politique Nicolas Diat, ancien journaliste et proche de Patrick Buisson.
Du gagnant-gagnant, car le jeune ministre veut donner du contenu idéologique plus fort à son club, la Droite sociale, et en même temps se rapprocher de l'Elysée. La pâte du catholique conservateur apparaîtra nettement en mai 2011 quand Laurent Wauquiez alors ministre des Affaires européennes, s'attaque à l'assistanat, qu'il qualifia de 'cancer de la société'»

Et voilà ! Tout est dit. Laurent Wauquiez était « coaché » par Patrick Buisson. Dans le même ouvrage, on apprit que Valérie Pécresse fit plus tard en 2011 l'objet de quelques conseils de l'obscur Buisson.

Le conseiller politique de Nicolas Sarkozy biberonna Wauquiez un an durant, à coup de cancer social et autres procès « ès solidarité ».

Pendant la campagne présidentielle, Wauquiez compléta son argumentaire en suivant les consignes présidentielles de taper outrageusement sur le comportement de François Hollande, et de caricaturer ses propositions. On se rappelle de sa comparaison de Jean-Luc Mélenchon avec un virus, à la fin mars: « Pour les centristes, la réalité, c'est que voter Hollande c'est s'inoculer le virus Mélenchon. Autrement dit, vous pensez commander un rosé léger et on vous sert un gros rouge bouchonné ». Avec le recul, l'argument était insultant et faux.

Le jeune ministre fut à peine en retrait sur les dérapages identitaires et les diversions xénophobes du candidat sortant. En mai 2011, il avait déjà proposé cette idée de retarder le bénéfice des prestations sociales aux travailleurs étrangers cotisants. De la campagne ratée, il ne désavoua pas les saillies anti-migratoires de Sarkozy, bien au contraire. Son seul regret était que le sort des classes moyennes n'ait pas été suffisamment défendu par Nicolas Sarkozy pendant la campagne. « Le piège de l'analyse serait de se dire "nous avons eu des convictions trop fortes. Je ne crois pas à cela. Par contre, ce que je crois, c'est que nous n'aurions pas dû seulement parler sécurité et immigration, mais parler de tout le spectre.» Ou encore : « Mon sentiment, c'est que notre défaite n'est pas liée au fait d'avoir trop assumé nos convictions, mais de ne pas avoir suffisamment assumé tout le spectre de nos convictions. Je pense que l'on n'a pas suffisamment parlé des classes moyennes ».

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy s'espère encore un destin présidentiel pour 2017.Pour marquer sa différence, et sans doute contrer l'offensive éthique et sobre de la nouvelle présidence Hollande, il s'est distingué jeudi en renonçant aux 14.000 euros mensuels d'indemnités pendant 6 mois auxquelles il avait droit pendant 6 mois.

263ème semaine politique: passations, critiques et trahisons.

C'était la seconde semaine de la France d'après.

François Hollande investi, Nicolas Sarkozy est parti, très vite. D'abord faire un footing dans le Bois de Boulogne, puis pour Marrakech, où il a prévu de se reposer une quinzaine de jours.

Le couple Sarkozy descendant le perron de l'Elysée pour la dernière fois fut le dernier cliché de ce mandat achevé. A droite, la riposte s'organisait mal contre les premiers pas de François Hollande. L'investiture fut sobre, trop sobre pour un sarkozyste. Le gouvernement constitué dès mercredi était classique et diverse, féminin et complet. Bizarrement, les anciens sarkozystes semblaient exiger du nouveau pouvoir davantage d'éthique et de responsabilité que leur ancien Monarque n'avait imposé ni respecté ces 5 années passées.

Lundi, contre François Hollande, la mauvaise foi n'avait pas de limites. Il n'était pas encore investi, le gouvernement n'était pas formé, que le voici accusé d'avoir déjà renoncé à trois promesses par l'UMP: le candidat socialiste avait promis de bloquer trois mois durant, les prix de l'essence si ceux-ci continuaient de flamber. Mais ils baissent depuis quelques semaines. Il s'est quand même trouvé quelques sarkozystes pour dénoncer l'absence de blocage ! On accusa aussi Hollande d'avoir renoncé à plafonner le salaire des patrons d'entreprises publiques. Il n'avait pourtant rien dit.

Mardi, la cérémonie d'investiture fut évidemment raillée par les anciens proches de Nicolas Sarkozy. Pour Copé, Hollande n'aurait choisi que des symboles de gauche pour sa première journée, de son discours à son hommage à Marie Curie et Jules Ferry. Fichtre ! Les Français apprécieront. Le clan sarkozyste hurla beaucoup contre ... l'inélégance prétendue de François Hollande à l'encontre de son prédécesseur. Le nouveau président n'avait pas descendu les marches de l'Elysée et raccompagner Nicolas Sarkozy jusqu'à sa voiture. Quel sacrilège ! L'ancien Monarque méritait mieux ! Pire, il fut le seul des anciens présidents de la Vème République pour qui François Hollande ne fit pas hommage à son action mais à son départ. Quel affront ! Le discours d'investiture fut un portrait inversé de la Sarkofrance. Hollande s'engageait à faire vivre les Français ensemble. Etait-ce si difficile à entendre ? Si clivant ? 

Qu'espéraient donc ces anciens soutiers de Sarkofrance ? La récente campagne a laissé des traces. Les outrances contre Hollande, directement dirigées depuis le cabinet de Sarkozy, ont davantage porté sur le physique et le caractère de Hollande que sur ses 60 propositions. Les boules puantes ont été nombreuses, et jusqu'à la dernière minute.

Hollande défila sur les Champs Elysées sous des trombes d'eaux. Le soir, son avion prit la foudre en route pour Berlin. Il s'en amusa en arrivant à bon port. La première rencontre avec Merkel fut cordiale. La chancelière reconnut le besoin de croissance, mais tout commençait.  A droite, on critiqua que la renégociation du traité européen n'ait pas réussie. Sarkozy les avait habitué à des cris de victoire quasiment quotidiens même quand rien n'avait été accompli...

A Paris, les sarkozystes raillaient encore la nomination de Jean-Marc Ayrault, annoncée quelques heures plus tôt. Qu'avait-il donc commis de si grave ? Une condamnation en 1997 pour favoritisme pour une affaire d'administration municipale sans intérêt, comme la qualifia François Bayrou. On se souvenait qu'en 2007, Nicolas Sarkozy n'avait eut aucune précaution ni gêne à recruter des André Santini ou Alain Juppé, pourtant lourdement condamnés.

Mercredi, il fallut attendre le début de la soirée pour connaître la composition du gouvernement. Martine Aubry avait renoncé à y participer. Elle restera à Lille. A droite, on jasait sur cette discorde interne. Quelle affaire ! Le soir, les noms de 34 ministres, dont 17 femmes, étaient enfin connus. Un gouvernement rafraichissant, paritaire, divers, et simple. A droite, il se trouva des grincheux pour pleurnicher. On critiqua la « pléthore », oubliant les 30 à 34 ministres UMP des gouvernements Fillon depuis 2008. D'autres UMPistes dénoncèrent « l'anti-France ». Ce gouvernement était trop diverse pour eux. Un député de la Droite Populaire avait « mal à la France ». Nadine Morano, sur RTL, fustigea Najat Vallaud-Belkacem dont la nomination n'était pas, selon elle, « un très bon signe qualitatif pour les femmes ». Vous avez bien lu: Morano évoqua un signe « qualitatif »... La nouvelle Garde des Sceaux Christiane Taubira fut également l'objet des critiques les plus ignobles.


Nicolas et Carla Sarkozy, eux, étaient partis se reposer à Marrakech. Un magazine marocain révélait qu' « un superbe palais faisant partie du projet immobilier de luxe Amelkis à Marrakech, aurait été offert à un célèbre chef d’Etat européen » par un riche homme d’affaires des Emirats Arabes Unis. Nicolas Sarkozy serait-il resté reprochable jusqu'au bout ?

Jeudi, malgré l'Ascension, premier conseil des ministres. Ces derniers durent signer une charte de déontologie, une quinzaine d'engagements qui n'auraient pas plu en Sarkofrance: déplacements en train pour les trajets de moins de trois heures; respect du code de la route; de la solidarité gouvernementale; consultation/concertation autant que faire se peut; renonciation aux cadeau, à « toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l'activité intéresse leur ministère »; etc. La liste était déjà longue. Sous Nicolas Sarkozy, on ne comptait plus les ministres, jusqu'au premier d'entre eux, en infraction avec cette charte (Blanc, Santini, Kouchner, Joyandet, Fillon, etc) qui, pourtant, existait en grande partie sous la précédente mandature

Autre mesure immédiate, les émoluments des ministres furent réduites de 30%. Réplique sarkozyste immédiate: comme il y a davantage de ministres que pour le 1er gouvernement Fillon, l'addition était finalement plus élevée. Quelle critique... Fallait-il rappeler que Sarkozy augmenta le nombre de ministres dès 2008 ?

Quel débat...

Les passations furent paisibles, rarement tendues. Eric Besson avait disparu. Il n'était pas là pour rendre les clés de son ministère. 

Les différents ministres avaient urgence à agir. Les ouvrières de Lejaby se rappelaient au bon souvenir de quelques promesses non tenues du précédent Monarque. Manuel Valls (Intérieur) devait rassurer policiers et gendarmes épuisés par l'inefficace politique du chiffre et la diminution de leurs moyens et effectifs. Vincent Peillon (Education) avait une difficile rentrée scolaire à gérer dans quelques mois.

L'UMP se cherchait son chef de guerre, puisqu'elle voulait tacler Hollande en chef de clan. Le président avait pourtant autre chose à faire. Vendredi, il partait pour Washington, G8 oblige. Et à Paris, on s'interrogeait: pour combien de temps encore Jean-François Copé sera-t-il à la tête de l'UMP ? 

On se souvient qu'il avait été placé là par Nicolas Sarkozy lui-même, à l'automne 2010. Sans élection ni suffrage. Secrétaire désigné, Copé s'agaçait qu'on lui parle de primaires pour le scrutin d'après, en 2017. Les anciens gaullistes Fillon et Juppé s'y montraient favorables, surtout après la réussite des primaires socialistes. Mardi, Nathalie Kosciusko-Morizet dut démentir une fuite du Figaro: non, elle ne s'était pas encore déclarée à la candidature présidentielle pour 2017. Rachida Dati renonçait à se présenter contre Fillon à Paris, que Roselyne Bachelot soutenait pour la ... présidentielle de 2017! Tous attendaient l'issue des élections législatives pour régler leurs comptes.

C'était bien légitime.

Ami sarkozyste, patiente un peu.

Et apprend ce qu'est la véritable vigilance.


#Sarkobilan: La charte de déontologie que Sarkozy n'a pas voulu imposer

Christian Blanc, éphémère ministre de Nicolas Sarkozy
Le symbole était fort, plus fort que la réalité de la mesure. Pour leur premier conseil à l'Elysée avec le président Hollande, les ministres du gouvernement Ayrault se sont vus remettre une charte de déontologie.

En 2007, Nicolas Sarkozy n'avait nullement imposé la chose. Tout juste s'était-il limité, pour quelques mois, à 15 ministres (dont le premier) et 4 secrétaires d'Etat. Assez rapidement, le nombre de nominations ministérielles avait grossi, pour atteindre le même nombre qu'aujourd'hui, soit 34.Et en 2010, sous la pression de l'affaire Woerth, il avait obligé ses ministres à une déclaration d'intérêt.

Pour François Hollande, une promesse fut tenue, et dès ce premier jour. Le conseil des ministres fut l'occasion d'acter la réduction de 30% des émoluments des ministres dès leur prise de fonction. Europe1 se livra à un rapide calcul, le gouvernement Ayrault 1 coûtait encore 70.000 euros mensuels de plus que le gouvernement Fillon 1. Mais ce dernier dut grossir régulièrement, pour atteindre 34 ministres et 160.000 euros mensuels de plus... Quelle polémique ininéressante ... et boomerang !

Mais ce n'était pas tout. Une charte plus complète, et à surveiller au fil des mois, a été donnée aux nouveaux ministres. La liste était déjà longue. Et elle prouvait, en creux, combien était mauvaise la gestion précédente.

1. Déplacements en train autant que possible (i.e. pour les déplacements d'une durée inférieure à trois heures)
2. Strict respect du code de la route
3. Respect de la solidarité gouvernementale: « L'expression, directe ou indirecte, de désaccords ne peut qu'affaiblir le gouvernement et susciter le scepticisme des citoyens à l'égard de la crédibilité de l'action politique »,
4. « Consultation du public en utilisant les possibilités offertes par l'Internet» (« Les projets de texte remis au président de la République et au premier ministre font apparaître les consultations menées, leur résultat et la façon dont elles ont conduit à amender le projet»)
5. Signature d'une déclaration d'intérêt (mise en pratique par le dernier gouvernement Fillon, suite à l'affaire Bettencourt/Woerth en 2010); la consigne prévoit que les ministres confient « la gestion de leur patrimoine mobilier à un intermédiaire agréé, sur la base d'un mandat garantissant qu'ils ne pourront intervenir directement dans cette gestion » et qu'ils « s'abstiennent de donner suite à toute invitation pour un séjour privé qui émanerait d'un gouvernement étranger ou de personnes physiques ou morales dont l'activité est en relation avec leur département ministériel». Les scandales Alliot-Marie, Fillon et Guaino, qui marquèrent l'avant printemps arabe sont encore dans toutes les mémoires.
6. Remise des cadeaux « au service des domaines, soit immédiatement, soit à l'issue de leurs fonctions, les cadeaux d'une valeur supérieure à 150 euros »;
7. Renonciation à « toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l'activité intéresse leur ministère » et à « toute intervention concernant la situation d'un membre de leur famille ou d'un proche ». On se souvient de l'affaire de l'EPAD. 
8. Non-cumul des mandats: la charte est claire, et certains ministres devront renoncer à leur fonction locale, car elle interdit les « mandats exécutifs locaux qu'ils peuvent détenir »: « seules les dépenses directement liées à l'exercice des fonctions sont prises en charge par l'Etat ».
9. Valorisation des logement de fonction comme avantage en nature (pour le fisc):

Avec cette charte,

 Christian Blanc n'aurait pu se payer ces dizaines de milliers d'euros de cigares;

Michèle Alliot-Marie aurait du renoncer à ses vacances privées payées par un dignitaire tunisien au déclenchement du printemps arabe.

La trentaine de ministres des gouvernements Fillon, excepté le tout premier, nous auraient coûté 1,7 millions d'euros de moins par an;

Nicolas Sarkozy aurait du rendre les 100.000 euros de cadeaux reçus qu'il a déclaré avoir reçu pendant son mandat.

Nicolas et Carla Sarkozy n'auraient jamais pu se faire inviter par un milliardaire mexicain suspecté d'accointance avec les narcotrafiquants;

Eric Woerth n'aurait pu laisser son épouse se faire embaucher chez Liliane Bettencourt après sa nomination comme ministre.

Alain Joyandet, ministre de la Coopération, n'aurait jamais pu conserver son entreprise de bois précieux importé des Etats africains;

Bernard Kouchner n'aurait jamais pu être ministre.

François Fillon n'aurait jamais pu utiliser un Falcon de la République pour rentrer régulièrement le weekend dans la Sarthe (27.000 euros le voyage).





(*) Pour information aux trolls sarkozystes, Delphine Batho a résilié le bail de son logement.

Sans Sarkozy, l'UMP ne sait plus riposter.

Les clans se forment et se consolident à l'UMP. Les ambitions s'expriment, mais en coulisses. Les rancoeurs aussi. Et la riposte devient maladroite ou ridicule.

La présidence Hollande démarre trop sobrement pour que les sbires de l'ancien Monarque parviennent à lui trouver quelques critiques consistantes. Alors on brode ou on s'attarde sur les détails. La composition du premier gouvernement Ayrault en fut un bel exemple.

Cinq années de Sarkozysme omniscient ont-elles ruiné l'analyse critique à droite ? Les anciens perroquets de Sarkofrance cherchent leur nouveau mentor.

L'ancien candidat du peuple, lui, venait de filer se reposer à Marrakech. 

NKM 2017
La démarche était curieuse. Nathalie Kosciusko-Morizet aurait signifié ses ambitions à la candidature à l'élection présidentielle de... 2017. L'ancienne porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy aurait rompu la prétendue trêve. Selon le Figaro, elle aurait prévenu Jean-François Copé, il y a quelques jours, imaginons lundi: « Écoute, Jean-François, pour la direction du parti, je ne sais pas si je me présenterai. Mais quoi qu'il en soit, sache-le: je serai candidate à la présidence de la République en 2017. » Quelques heures plus tard, la voici contrainte de démentir: « Je suis concentrée sur les élections législatives ». Au passage, on s'amuse de constater que le nom de domaine Internet a quand même été réservé. Au cas où.

Dati 2017
Autre (fausse) surprise, Rachida Dati avait finalement renoncé à se présenter contre François Fillon. Sa justification n'en fut pas moins détestable pour l'ancien premier ministre: « J'aurais pu me présenter et faire battre François Fillon.(...) Je ne serai pas de ceux qui parlent d'unité mais ne se l'appliquent pas à eux-mêmes. En responsabilité, je ne souhaite pas ajouter de la division à l'échec en me présentant dans la circonscription où je suis pourtant légitime ».

Ambiance, ambiance.

Fillon2017
François Fillon a son plan de route. Député en juin, maire de Paris en 2014, président de la République en 2017. Il compte ses soutiens. La présidence de l'UMP est vacante. Roselyne Bachelot-Narquin a affiché son soutien: « Je souhaite que François Fillon soit candidat à la présidence de l'UMP ».

Jean2007
Sarkozy a douché les ambitions du prince Jean. Son fils ainé voulait se présenter aux prochaines élections législatives. Mais l'ancien Monarque n'était pas d'accord, une anecdote rapportée par le Parisien: « Les Sarkozy doivent se faire oublier, et ils se feront oublier. »

Calomnies 2012
Depuis lundi, les outrances antiHollande sont inversement proportionnelles à la sobriété du nouveau président. Il n'est pas en poste qu'il a déjà tout faux. Samuel Laurent, pour le Monde, a répertorié quelques-unes de ces joyeusetés, des posters figurant Martine Aubry en Tchador au procès en patriotisme.

Mercredi, Jean-Marc Ayrault a pris ses fonctions de premier ministre. La transition fut cordiale. Sur les ondes, il y avait encore quelques UMPistes pour afficher leur mauvaise foi contre cette nomination et rappeler l'ancienne condamnation du maire de Nantes, pour une « affaire d'administration municipale vieille de 15 ans » (comme la qualifié François Bayrou), condamnation qui fut pourtant ultérieurement annulée.

Nous pouvions rappeler, encore et malheureusement, le premier gouvernement Fillon, avec André Santini et Alain Juppé. Ou cette fameuse liste qui circulait depuis quelques temps déjà d'une bonne vingtaine de fraudes diverses impliquant des élus UMPistes. Fallait aussi rappeler les récents développements de l'affaire Karachi, avec une nouvelle mise en examen de l'ancien chef de cabinet adjoint du ministre Sarkozy ?

A l'étranger, la presse a plutôt insisté sur l'investiture sobre et le président « étanche ». « L'heure est à la modestie pour les puissants » a commenté le conservateur Times, à Londres. En Allemagne, on loua ce président « modeste et réfléchi ». Rappelez vous ce qu'écrivait l'envoyé spécial du Monde, en juin 2008, à propos des relations Sarkozy/Merkel: « Malgré les efforts répétés des deux côtés, le courant ne passe pas ».

Hollande 2012
Jean-Marc Ayrault a formé son gouvernement en fin de journée, mercredi. L'attente était si insoutenable que les chaînes d'information ont dû broder. Et la risposte UMPiste tenter de fustiger les tractations et l'attente. Martine Aubry avait refusé de participer au gouvernement. Preuve de tensions et négociations. Cela n'empêchait quelques fidèles de l'ancien Monarque de répéter les éléments de langage établis depuis lundi: un « clan PS » est au pouvoir tout en se moquant de la « guerre des chefs ». Quelle critique !

Les mêmes promettaient l'entrée de ministres Front de Gauche ou un Hollande otage de Mélenchon pendant l'entre-deux tours. Aujourd'hui ils font semblant de regretter l'absence d'ouverture.

Sur Twitter, ils se lâchèrent en quelques mots: Eric Ciotti tapait à côté en accusant François Hollande d'être redevenu « le premier secrétaire du ps celui du compromis et des compromissions » . Avait-il oublié Sarkozy qui se félicitait d'avoir élargi son équipe gouvernementale à toutes les composantes de l'UMP (sic!) et pas seulement les sarkozystes ?

Tout cela était incohérent. Ce gouvernement, somme toute classique et simple dans le périmètre de ses ministères, à la parité exemplaire (tant en nombre qu'en importance des ministères), laissent peu d'accroches à la critique objective. Pensez donc ! Il n'y a même pas d'éléphants en surnombre ! Dans le clan sarkozyste, on s'agace que découvrir tant de nouvelles têtes. La part belle fut aussi laissée à la jeunesse et à la diversité. Jean-Paul Garraud, député UMP de la Gironde, cria tout haut ce que quelques sbires sarkozystes pensaient tout bas, estimant que « que "la composition" du gouvernement risquait d'"entraîner la montée du Front national" et lui donnait "mal à la France" ». C'en était ignoble et triste: « ».

Observatoire 2012
Il ne faudra pas compter sur cette droite pour observer et analyser sereinement la mandature Hollande. En tout cas pas tant qu'elle est encore dans cet état. C'est de toute façon inutile. Les critiques, à gauche ou au centre, seront lucides. A la différence de Nicolas Sarkozy en son temps, François Hollande sait qu'il ne peut pas compter sur un « omni-parti unique ».

Déjà, des initiatives se sont créées ici ou pour tenir les comptes de cette nouvelle présidence.

Ami sarkozyste, rendors-toi.

Nicolas Sarkozy, ton ancien mentor, est à Marrakech pour 15 jours de vacances privées.


Hollande président, et déjà au charbon

Quand Nicolas Sarkozy fut enfin intronisé en mai 2007, il a longuement profité de son moment. Pour le plaisir. François Hollande, lui, dut s'éclipser pour l'Allemagne. Un coup de foudre sur le Falcon présidentiel vers 18h l'obligea à rebrousser chemin pour repartir ensuite. Mais la journée, sa première journée de président, tranchait déjà avec le quinquennat précédent.

« On voit bien la différence avec le président sortant » . L'expression a fait florès, mardi 15 mai dans la bouche des commentateurs de l'investiture. Elle était terrible pour Nicolas Sarkozy, qui certainement, n'écoutait pas.

Vers 9h45, les invités étaient là, quelque 300 personnes représentant les institutions et corps intermédiaires du pays, ceux-là même que le candidat sortant voulait évacuer à coup de référendums. Les proches et soutiens de la campagne étaient rares.

C'était sobre. Hollande n'exhibait rien. A peine était-il souriant, trop ému. En mai 2007, nous nous souvenions de la « montée des marches » de la famille Sarkozy. L'ancien Monarque faisait l'acteur, Hollande assumait la fonction.

La passation de pouvoir fut courte. Très courte. Il paraît, nous a-t-on répété, que Sarkozy voulait que Hollande recase Xavier Musca, son secrétaire général de l’Élysée. Un temps, l'ancien Monarque avait pensé lui confier les rênes de la Caisse des Dépôts. Mais ça s'était vu, et au pire moment, en pleine campagne.

A 10 heures, Nicolas et Carla Sarkozy repartaient en voiture, définitivement, de l'Elysée. A la sortie, rue du Faubourg Saint-Honoré, des militants et supporteurs agitaient leurs drapeaux. Quelques minutes avant, certains huaient les invités qui arrivaient à l'Elysée.  Le couple a prévu de partir 15 jours en vacances en Italie. En tant qu'ancien chef d'Etat, ses voyages sur Air-France sont gratuits. Dès l'après-midi, Nicolas Sarkozy était vu en train de faire un footing au Bois de Boulogne.

Vers 10h10, il suffit d'une phrase, prononcé par Bernard Debré, président du conseil constitutionnel, et ce fut fait. François Hollande était le 7ème président de la Vème République. 

 
« A l'issue d'une consultation électorale qui s'est déroulée dans de bonnes conditions, vous devenez aujourd'hui le septième président de la Vème République. (...) Vous incarnez la France, vous représentez la République et vous représentez l'ensemble des Français. Monsieur le président de la République, toutes nos félicitations »

En 2007, Nicolas Sarkozy s'agrippait à des symboles ici ou là pour rassurer d'une Rupture qu'il promettait si grande. Le jour de son investiture, il était allé discourir en hommage au Bois de Boulogne en hommage à 35 jeunes résistants fusillés en août 1944 à la veille de l'insurrection parisienne contre l'occupation nazie. Sarkozy, déjà, jouait au successeur de de Gaulle. Il jeta aussi à la pâture médiatique une lettre de Guy Mocquet à lire dans les écoles avant les cours de la rentrée des classes. C'était si important pour lui, qu'il abandonna la chose dès la rentrée d'après. François Hollande préféra jouer d'autres symboles, des recueillements et des hommages, Marie Curie, Jules Ferry. Puis à la Mairie de Paris.

Le discours même de François Hollande signifiait une rupture avec le Monarque d'avant. Il ne nous promettait ni la Grande Casse ni la fausse Rupture. Il n'abusait pas de logorrhées humanistes. Il fut sobre. Hollande s'engageait sur la confiance. Il voulait rassurer et non cliver. Nous n'avions plus l'habitude de cette absence de gesticulation verbeuses, de tics nerveux rythmant les saillies verbales. Hollande était droit, ému, sobre.

Chapitre après chapitre, son intervention était un réquisitoire contre la mandature Sarkozy. La confiance retrouvée, c'est « l'unité de la Nation », un gouvernement qui « gouverne », une justice qui «  disposera de toutes les garanties de son indépendance », « une scrupuleuse sobriété dans les comportements » de l'Etat . « La confiance, c'est l'exemplarité. (...) Président de la République, j'assumerai pleinement les responsabilités exceptionnelles de cette haute mission. Je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas de tout, pour tout et partout.»

A l'UMP, les commentaires furent rares. Tôt le matin, Brice Hortefeux était presque apaisé. Il ne parlait que de son affection pour Nicolas Sarkozy. Plus tard, Jean-François Copé fut sans surprise. Il dénonça une « passation de pouvoir décevante, à l'image des grands discours socialistes ». Quels étaient les griefs ? Copé les détaillait: Hollande aurait été inélégant et sectaire « au moment où il refuse de raccompagner Nicolas Sarkozy jusqu'à sa voiture, comme la tradition le veut » « L'inélégance et le sectarisme, c'est donc cela, la "normalité" de François Hollande ? ». Pire, il aurait déjeuné avec des anciens premiers ministres socialistes (vrai, mais il n'y avait pas qu'eux et voulait-il qu'on invite aussi Fillon et Balladur ?). Pire encore, Hollande se serait exclusivement adressé « au peuple de gauche ». Avions-nous écouté les mêmes discours ? François Hollande s'était-il précipité sur les tombes de Léon Blum ou de Rosa Luxembourg ? Même pas.

Copé n'avait que mesquineries et rancoeurs.

Autre symbole, dès le soir, Hollande partait vers l'Allemagne. Son premier vol prit littéralement la foudre et du rebrousser chemin. Il y retourna aussitôt. A Berlin, nul mépris, nulle « méprisance » d'Angela Merkel à l'encontre de celui à Sarkozy reprochait de n'être pas Président avant l'heure. Le mandat fait le président et Hollande fut évidemment reçu avec les honneurs qu'i fallait. Rien n'est joué, tout est à négocier, mais le contact était là. Plus tard dans la soirée, les deux firent une conférence de presse commune. L'ambiance semblait suffisamment chaleureuse pour des discussions normales. Sur le fond, quelques points d'accord (la Grèce dans la zone euro, davantage de croissance), mais la renégociation du fameux traité ne fait que commencer. A Paris, François Fillon avait été remplacé par Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes et président du groupe socialiste à l'Assemblée.

Nous attendions, faussement, le prétendu effondrement du pays promis dans les deux jours suivant l'entrée en fonction de François Hollande.

Il restait encore 24 heures pour que la prophétie outrancière de Nicolas Sarkozy se réalise.

François Hollande prend l'Elysée et ... l'addition Sarkozy

C'est enfin le jour. Nicolas Sarkozy remet les clés de la boutique élyséenne ce mardi à François Hollande. Mais de quel bilan hérite-t-il ? L'inventaire a déjà commencé, mais il n'est ni achevé, ni statique. D'autres coups durs sont à craindre, d'autres cadavres dans les placards sont à découvrir.

François Hollande prend l'Elysée mais il devra payer l'addition Sarkozy.

Voici les quelques chiffres qu'il nous faudra donc assumer:

70 milliards d'euros de déficit commerciale en 2011
(contre 28 milliards d'euros en 2006, un record déjà à l'époque).

2,9 millions de demandeurs d'emplois, sans compter les 1,5 millions en activité partielle à fin décembre 2011 (contre 1,95 millions en février 2008).

5,2% de déficit budgétaire en 2011
(contre 2,2% en 2007)

43,9% du PIB en prélèvements obligatoires en 2011
(contre 43,4% en 2007)


1.717 milliards d'euros de dette publique fin 2011, soit 89% du PIB
(contre 1.152 milliards fin 2006, soit +565 milliards en 5 lois de finances...)

Il y en a d'autres. Ils ne sont pas meilleurs.


L'UMP quitte l'Elysée. 
Lundi 14 mai, François Hollande a dit au-revoir à son parti: « Je ne participerai plus à aucune instance partisane ». Ou encore: « Permettez-moi avant cette longue éclipse - cinq ans, c'est court! - que je goûte le moment qui m'est accordé (…). Je suis encore pour quelques heures avec vous ». Il faut encore remporter les élections législatives. « Aussitôt une étape franchie, une autre arrive, c'est ça la vie. Chacun pense qu'il a atteint son objectif et déjà un autre arrive ».

Il y a 5 ans, Nicolas Sarkozy entamait sa campagne législative comme s'il était encore président de l'UMP. Président de l'UMP, il le resta 5 années durant. C'était triste, clivant, anti-républicain.

Il y a 5 ans, le 16 mai 2007, Alain Juppé filait à la brigade financière juste avant de devenir ministre. Voici ce que nous écrivions, il y a 5 ans, jour pour jour. Ou presque. Pour mémoire.
Alain Juppé devait (ou devrait) rejoindre le gouvernement de François Fillon, pour en être our être numéro deux du futur gouvernement, seul ministre d'Etat à la tête d'un probable portefeuille regroupant l'environnement, l'énergie et les transports.

Mais il a été entendu hier pendant 4 heures par des policiers de la Division nationale des investigations financières (Dnif) de Nanterre, en qualité d'ancien adjoint aux Finances de Jacques Chirac à l'hôtel de ville, et d'ancien secrétaire général du RPR, sur commission rogatoire de la juge d'instruction de Paris, Xavière Simeoni.

Cette audition se déroulait dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en août 1995, devenue une information judiciaire en décembre 1998, sur les emplois fictifs de la Mairie de Paris dans les années 1980 et 1990.
La police avait chiffré le préjudice de ces emplois fictifs, des employés du RPR rémunérés par la Municipalité parisienne, à 4,5 millions d’euros. Plusieurs hauts-fonctionnaires de la mairie de Paris ont déjà été mis en examen pour "détournement de fonds publics"(Michel Roussin, Daniel Naftalski, Robert Pandraud, Rémy Chardon et Bernard Bled). En 2003, la cour d’appel de Paris avait annulé plusieurs mises en examen, contre l'avis de la juge d’instruction de l’époque, Colette Bismuth-Sauron. En avril 2007, la cour de cassation avait rétabli ses mises en examen.
Alain Juppé, déjà condamné en 2004 à un an de prison avec sursis et quatorze mois d’inéligibilité dans une affaire d’emplois fictifs, est à nouveau mis en cause pour ses fonctions de secrétaire général du RPR.



Contre Hollande, la mauvaise foi de Jérôme Chartier n'a plus de limites

C'est une video, assez courte, publiée sur le site de l'UMP. Jérome Chartier, député du Val d'Oise, continuait sa séquence dénommée le Chiffre de la Semaine.
« Le chiffre de la semaine, c'est 3, comme le nombre de renoncements de François Hollande en une seule semaine. »
Fichtre! Qu'avait donc fait François Hollande ?

Nous décourvions qu'il y avait donc des Umpistes qui voulaient que François Hollande accomplisse en 5 jours ce qu'ils voulaient pas que Nicolas Sarkozy fasse en 5 ans.

« Le premier renoncement, c'est le renégociation du traité européen. » Et Chartier d'expliquer que Herman van Rompuy, José-Manuel Barroso et Angela Merkel auraient réitéré cette semaine leur refus de renégocier le traité européen. « Il n'y aura pas de rengéociation du traité européen,  ce sera le premier renoncement de François Hollande. » concluait Chartier. On toussait... La mauvaise foi était complète. D'autant plus que cette semaine a justement été marquée par une grave secousse politique en Grèce.Rappelez-vous Nicolas Sarkozy, le 4 mai dernier, quarante-huit heures avant le scrutin législatif grec: xxxx. Hollande n'a renoncé à rien concernant la renégociation, les positions exprimées par Rompuy, Barroso et Merkel ne sont pas nouvelles. En Allemagne, la chancelière a toujours autant besoin du SPD pour faire ratifier le traité, et des élections législatives sont toujours prévues dans 10 mois. 


Qu'avait donc Chartier à ajouter à sa séquence ? Le plafonnement des prix de l'essence serait abandonné. Pour une fois, un UMPiste énonçait presque correctement la promesse, bloquer les tarifs de l'essence et non du pétrole. Pendant la campagne et jusqu'au débat de l'entre-deux tours, Sarkozy n'avait cessé de caricaturer la proposition de Hollande. Jeudi, l'AFP s'indignait en effet de l'abandon de cette « promesse phare de François Hollande pour préserver le pouvoir d'achat ». A tort. De quel abandon parle-t-on ? De quoi s'agit-il ? En janvier dernier, le candidat socialiste avait avancé l'argument suivant: «Il faut avoir une discussion avec les distributeurs d'essence, il n'est pas possible d'avoir une montée du prix telle qu'elle est aujourd'hui. Il faut un blocage temporaire du prix de l'essence lorsqu'il y a une répercussion très rapide de la hausse et une absence de répercussion de la baisse». En d'autres termes, si le prix à la pompe continue de flamber, il faudra le bloquer. Mais s'il baisse... qui serait assez crétin pour le bloquer ? Or justement, depuis quelques semaines, les prix de l'essence à la pompe ont fléchi. « Il faut bloquer quand ça monte » a expliqué Michel Sapin. Ben oui...

Troisième et dernier renoncement dénoncé par Jérôme Chartier, « la remise à plus tard du plafonnement des salaires des chefs d'entreprises publiques ». De quoi parlait-il ? La mesure n'a pas été reportée sine die. Michel Sapin, le 10 mai dernier, a confirmé: « Il faut mettre en place la règle, bien entendu, ce qui a été dit sera fait ». Mieux, Laurence Parisot, la patronne du MEDEF vient justement de s'y rallier. Jérôme Chartier était-il si désabusé pour raconter de pareilles billevesées ?

Ce député est évidemment candidat à sa succession en juin prochain. Sur le département du Val d'Oise, François Hollande est arrivé en tête avec 53% des suffrages exprimés. Mais à Domont, la petite ville dont il est maire, c'est Sarkozy qui est arrivé premier, avec près de 4.000 voix et 53% des votes.


"Monsieur Sarkozy, bonjour, c'est Renaud van Ruymbeke..."

Le 15 mai, Nicolas Sarkozy rendra les clés de l'Elysée. La passation de pouvoirs avec François Hollande est prévue ce jour-là. Il faudra encore attendre 30 jours pour qu'il redevienne un justiciable presque comme les autres.

Presque comme les autres.

Ayrault ou Juppé
La semaine dernière, certains à l'UMP, sur le Web ou ailleurs, ont cru bon d'exhumer une vieille histoire relative à Jean-Marc Ayrault. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale avait une vieille affaire de 1997. Jeudi, il a dû s'expliquer pour une condamnation datant de 1997 pour favoritisme et moins de 5000 euros d'amende (30.000 francs). Son avocat a précisé le lendemain que son client avait été réhabilité en 2007: « Il apparaît que la condamnation de M. Ayrault en 1997 est nulle et anéantie par la réhabilitation intervenue en 2007 » a expliqué Maître Mignard.

Le journaliste Bruno Roger-Petit a eu la remarque qu'il fallait, en conclusion d'un long billet sur l'affaire: « Qu'en aurait-il été si, Nicolas Sarkozy réélu, il avait nommé Alain Juppé à Matignon, comme on lui en prêtait l'intention, au moins autant que celle prêtée à Hollande de nommer Jean-Marc Ayrault à Matignon ? »

L'UMP de Sarkofrance avait donc l'exigence volage: Ayrault, condamné puis blanchi, pour 5000 euros à peine. Les cas de Woerth, Gaubert, Bazire, ou Squarcini mis en examen n'avaient jamais soulevé une telle indignation.

Sarkozy, et la vraie justice.
Ancien président, Nicolas Sarkozy intègrera le Conseil Constitutionnel. C'est l'une des bizarreries de la Vème République qui permet de récompenser les perdants. Les anciens présidents y ont un siège à vie moyennant 12.000 euros mensuels.

Le Sénat avait annulé cette disposition en 2008. Mais à l'époque, comme le rappelle Mathilde Mathieu pour Mediapart dans son édition 11 mai, les députés UMP avaient rétabli ce privilège. L'Elysée était furieux de cette initiative bipartisane au Sénat. D'après un sénateur UMP cité par Mediapart: « Le soir même, lors d’un dîner du groupe UMP, on a pris une volée de bois vert de la part de François Fillon. J’ai cru sentir que le premier ministre nous réprimandait au nom de l’Elysée… »
« M'sieur Hollande, on peut me reprocher bien des choses, mais pas de ne pas assumer mes responsabilités.»
Cette phrase, prononcée jusqu'au débat de l'entre-deux tours, Nicolas Sarkozy l'a souvent répétée. Et donc, le moment est bientôt venu d'assumer, et devant la justice.

Karachi revient
Mercredi 9 mai, le Parisien - que d'aucuns à l'UMP devraient donc rapidement qualifier d'officine - publiait le fac-similé du bordereau de retrait de 10 millions de francs. Le coup était rude pour Nicolas Sarkozy. A l'époque, en 1995, il était ministre du Budget. Son chef de cabinet adjoint, Thierry Gaubert, a depuis été mis en examen pour «recel d'abus de biens sociaux» et «subornation de témoins» dans cette même affaire. Sarkozy lui-même avait couvert et validé les montages fiscaux qui permettaient ces étranges commissions pourtant légales destinées à corrompre quelques dignitaires pakistanais et saoudien dans le cadre de vente d'équipement militaire.Le juge Marc Trévidic, en charge de l'enquête sur l'attentat de Karachi, étudie l'hypothèse que cet attentat ait été une vengeance pakistanaise après l'arrêt de versements de ces commissions. De fil en aiguille, ses collègues Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire ont obtenus des témoignages validant la piste d'un financement politique illégal, et notamment de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. Le directeur de cabinet de ce dernier et proche ami de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire, a été mis en examen en octobre dernier.

Le document publié mercredi par le Parisien était une sacrée mauvaise nouvelle.
« C’est une pièce capitale. Depuis deux ans, le volet financier de l’affaire Karachi n’a qu’un but : rechercher l’origine douteuse d’un versement de 10 millions de francs (1,5 M€) sur le compte de campagne du candidat Balladur, le 26 avril 1995. Selon la thèse suivie par les juges, cet argent proviendrait du détournement de commissions — les rétrocommissions — issues de contrats d’armement signés sous le gouvernement Balladur. Une piste plus que jamais crédible depuis la découverte, le mois dernier, d’un bordereau de retrait en liquide effectué en Suisse par un prête-nom de l’intermédiaire Ziad Takieddine. Sa date : 7 avril 1995. Son montant : 10 MF. Bref, tout colle. »
C'était terrible. Les juges avaient donc la preuve d'un sacré et curieux retrait d'espèces de 10 millions de francs tout rond. Comme dut l'écrire Gary Assouline, pour le Figaro, la thèse des rétrocommissions était « confortée ».

Kadhafigate
Vendredi 11 mai, Karl Larske et Fabrice Arfi publiaient pour Mediapart un transcript authentifié d'un échange téléphonique entre Nicolas Sarkozy et le colonel Kadhafi, quelques jours après sa prise de fonctions à l'Elysée. La discussion est troublante.

1. Contrairement à ce qu'il a affirmé pendant la campagne, il a bel et bien cherché à vendre du nucléaire français à la dictature libyenne. Ses dénégations de campagne avaient d'ailleurs été contredites par de nombreuses preuves officielles (contrats, communiqués) entre 2007 et 2009.
« J’ai été beaucoup touché par la lettre de félicitations que vous m'avez envoyée, et je souhaite donner une nouvelle dimension à nos relations bilatérales, par exemple par rapport à l'énergie nucléaire, et si vous acceptez, je suis prêt à envoyer une mission d’exploration pour étudier ce sujet, et dans le domaine de la défense je suis heureux si nous pouvons travailler concrètement avec la Libye (...). »

2. Dans la même discussion, Sarkozy eut cette autre formule plus curieuse encore. Il avait déjà énuméré les sujets officiels de l'échange (le nucléaire, la libération des infirmières bulgares, la lutte contre le terrorisme, la coopération en Méditerranée, il conclua:
« Qui est la personne que je pourrai rencontrer pour échanger avec elle sur des questions délicates ? Est-ce monsieur Bachir ou le ministre qui vient de votre part ? »
Quelles questions délicates avait-il donc à traiter avec Bachir Saleh ? Pourquoi Bachir Saleh, recherché par Interpol après la chute de Kadhafi, a-t-il été protégé par les autorités françaises ?


Les adieux de Sarkozy: la mise en scène jusqu'au bout.

Nous étions déçus. Nous croyions qu'il allait avoir quelques mots pour son départ. Il n'en sera rien. Ses mots d'adieu, il les a gardé pour ses ministres puis les collaborateurs de l'Elysée.

Evidemment, tout nous fut rapporté.

La mise en scène de cette présidence n'en finissait pas.

Le précédent Giscard.
En mai 1981, l'allocution télévisée de Valéry Giscard d'Estaing, pour son départ, avait marqué les esprits. Elle était ridicule et digne à la fois. Il fallait quelque cran ou quelque inconscience, pour procéder ainsi et de la sorte.



Nicolas Sarkozy n'a pas envie d'une telle manoeuvre. L'information a été livrée par Arnaud Leparmentier, du Monde. Il paraît que les cartons sont presque terminés.

Il faudra donc se contenter de quelques bribes.

D'abord, son discours du 6 mai au soir, à ses partisans et non à la France. Un discours de militant où il étalait encore ses doutes sur le patriotisme de son adversaire.

Puis ses confidences aux proches, évidemment très, trop largement relayées à la presse pour qu'elles soient désintéressées. Comme celle où il ne se présenterait pas en 2017.

Sarkozy philosophe
Dans le JDD du jour, on nous confia donc de larges extraits de son discours d'adieu au personnel de l'Elysée. C'était la séquence « Emotion » de cette fin de quinquennat. Sarkozy s'épancha sur la tristesse. Il avait des choses à dire sur la tristesse... Sans rire.
« Elle est autorisée, c’est un sentiment créatif et c’est un sentiment qui a une fin. L’amertume ce n’est pas autorisée parce que l’amertume ne crée rien et l’amertume est inextinguible. Plus on est amer, plus on est haineux, a-t-il poursuivi. La tristesse est un sentiment naturel créatif et qui a une fin.»
Sarkozy philosopha sur la vie et l'humilité.
« Il faut prendre la vie avec appétit parce que si on n’a pas d’appétit, la vie elle passe. Enfin, vous savez, la qualité des gens dans la vie, elle se voit à la façon dont ils gèrent les succès et l’échec : on doit avoir la même attitude passionnée et humble face à cela »
Il philosopha sur l'échec, comme un apprenti Sage. C'en était gênant de ridicule. « Il faut prendre des virages et on s’aperçoit que dans chaque pièce qui s’ouvre il y a des nouveaux bonheurs et en tout cas c’est une question d’état d’esprit. Le bon état d’esprit c’est la reconnaissance de ce que la vie nous a donné, la curiosité de ce que la vie va nous réserver à tous. On a créé un réseau qui ne se détruira pas parce que l’on a perdu les élections ».

Finalement Nicolas Sarkozy était incompétent.

Depuis le dimanche 6 mai 2012 au soir, on s'interroge sur les raisons de la défaite de Nicolas Sarkozy. Elles sont peu nombreuses: une campagne trop tardive, trop à droite, sans idées fortes ni programme, un mauvais bilan, un candidat hors sol. Mais il y avait pire. Sarkozy n'était même pas compétent.

Le Monarque était convaincu, notamment par son conseiller Patrick Buisson, que la France avait tellement virée à droite qu'il fallait la suivre ou la dépasser. Aux risques de faire peur aux plus centristes de son électorat.

On a aussi relevé que François Hollande avait gagné grâce au rejet du sarkozysme. Quelques déçus à droite sont allés jusqu'à qualifier cette victoire d'illégitime. Pouvaient-ils se taire ? Nicolas Sarkozy a certes attiré les foudres d'une critique à la hauteur de son comportement. Mais pas seulement. Cette élection présidentielle a bel et bien été un référendum contre lui.

Nicolas Sarkozy a payé la note de son incompétence.

Depuis dimanche, les langues se sont déliées, et certains, à droite, font mine de découvrir que Nicolas Sarkozy n'était pas si bon que cela. Il est temps d'ouvrir les yeux. Vu de droite, Nicolas Sarkozy était pourtant incompétent. Et depuis longtemps.

Depuis le 6 mai 2007, nous avions relevé, à de multiples occasions, les preuves ou les prémisses de ce fiasco final.

4ème semaine de Sarkofrance: les deux erreurs de Sarkozy
Nous n'étions qu'en juin 2007, avant les élections législatives. Déjà, l'électeur aurait dû s'inquiéter des dégrèvements fiscaux qui allaient dégrader nos déficits encore plus. Jean Arthuis, sénateur centriste, s'en préoccupait publiquement. Fillon expliquait que les caisses étaient vides. Un an avant le déclenchement de la crise.

18ème semaine de Sarkofrance : un gouvernement de bleus
Nous n'étions qu'en septembre 2007. Bernard Laporte, entraineur de l'équipe de France de Rugby et futur ministre des sports avait honteusement raté la Coupe du Monde. Il avait poussé le ridicule en faisant lire la lettre de Guy Mocquet juste avant les matches. François Fillon avait qualifié Rama Yade de « jeune inexpérimentée » pour excuser l'une de ses bourdes. Christine Lagarde avait fait peur en évoquant un prochain plan de rigueur.

27ème semaine de Sarkofrance: l'effet boomerang

44ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy sait il travailler ?
La Sarkozie couinait déjà contre le terrorisme intellectuel des médias de gauche. Nous n'étions qu'en mars 2008, avant la Grande Crise de l'automne, mais les Français venaient de bouter les représentants UMP hors de nombreuses municipalités. Une première claque nationale, une vraie.

56ème semaine: l'agitation immobile
Sarkozy avait inventé l'agitation immobile. Même au plus fort de son omni-présence médiatique, Nicolas Sarkozy agissait finalement peu. Il déclamait beaucoup, et confondait toujours la boulimie législative avec l'action réelle.

59ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy est inefficace 
Nous n'étions qu'en juin 2008,et déjà il fallait être inquiet. Malgré des courbettes devant le colonel Kadhafi (que nous comprenons mieux aujourd'hui), ce dernier lui refusa l'Union pour la Méditerranée. Son nouveau traité européen venait d'être refusé. Son paquet fiscal faisait polémique à cause de son coût, qui échaudait les plus rigoristes de la droite au pouvoir.

67ème semaine de Sarkofrance : incompétence diplomatique... seulement ?
Dans le conflit armé qui opposa la Russie à la Géorgie en août 2008, on avait cru que Nicolas Sarkozy avait bien joué. Nous l'avions même félicité. Mais dès le lendemain du compromis, la Russie rompait la trève, sabotait les installations militaires de son petit voisin. Mais Nicolas Sarkozy était vite reparti en vacances Quelques semaines plus tard, la Géorgie perdait deux provinces.

72ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, impuissant donc agité
La bourse s'effondrait, mais Sarkozy masquait. Il n'y connaissait  pas grand chose à la finance mondiale, à l'exception de ses signes extérieurs de richesses qu'elle pouvait procurer dans les belles années. Il resta silencieux, 15 jours durant après la disparition de Lehman Brothers.

76ème semaine de Sarkofrance: qui va siffler la fin de Sarkozy ?
Nous étions en octobre 2008. Nicolas Sarkozy était sorti de son silence. Les krachs boursiers se multipliaient. Sarkozy présidait l'Union européenne pour encore quelques mois. Après son discours de Toulon, solitaire et isolationiste, il avait suivi les recommandations de George Brown, son homologue britannique, pour trouver une solution au « credit-crunch » qui menaçait nos économies européennes. On découvrait qu'il n'était pas ce grand leader charismatique et visionnaire. Il n'était pas Roosevelt, il était Hoover. Contrairement au story-telling qu'on nous servi des mois plus tard. Nicolas Sarkozy avait été nul face à la crise: c'est la France qui a résisté, pas lui. Ce sont les manifestations populaires qui, en janvier 2009, lui imposèrent des contre-parties sociales et fiscales.

102ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy pédale mais n'avance plus
Nous n'étions qu'en mai 2009. Il disposait d'une majorité totale au Parlement. Pourtant, depuis janvier et la fin de la présidence française de l'Union Européenne, il ne parvient plus à maîtriser l'agenda politique du pays, ni même ses propres troupes. Comme lors de l'hiver 2007/2008, avant la déroute des élections municipales, il tentait de masquer ses difficultés par des annonces qui tombent à plat et un optimisme factice. Mais son comportement et ses échecs revenaient au centre des critiques: il emprunta l'Airbus présidentiel pour un weekend pascal; il se livrait à des confidences désagréables contre ses homologues européens. Le chômage gonflait de 100.000 personnes par mois mais il s'attardait sur son décret anti-cagoule. Son nouveau Fond d'Investissement Stratégique était installé, mais Sarkozy rechignait à lui imposer de n'investir que dans des sociétés refusant tout licenciement.

Insécurité: le mauvais bilan de Sarkozy
C'était son ADN politique. Et pourtant, quel échec... quel désaveu. Dès 2009, la tartufferie était manifeste. En fin de quinquennat, malgré une boulimie législative inchangée depuis son entrée à l'Elysée, les chiffre sont mauvais. D'autant plus mauvais qu'il avait lui-même réduit les moyens des forces de l'ordre. En janvier dernier, Claude Guéant livrait le dernier bilan, et nous écrivions: « En juillet dernier, la Cour des Comptes avait livré un sévère réquisitoire contre la méthode Sarkozy. Claude Guéant, comme la plupart des snipers habituels de Sarkofrance, avait fustigé une analyse partisane. (...) le nombre des violences contre les personnes a continuellement augmenté depuis 2002 (sauf en 2007... ):  381.000 atteintes aux personnes en 2002, 411.000 en 2005, 434.000 en 2006, 433.000 en 2007 (année électorale), 443.000 en 2008, 456.000 en 2009, 467.000 en 2010, puis 468.000 en 2011 ! La hausse a été de 14% sur la période 2002-2006), puis de 8% de 2007 à 2011.»

126ème semaine de Sarkofrance : l'incompétence au pouvoir
En octobre 2009, quelques semaines après l'annonce, le RSA jeunes était un fiasco. La défiscalisation des heures supplémentaires faisait des ravages dans nos comptes publics. Mais malgré la crise économique et donc fiscale, Nicolas Sarkozy n'avait rien changé...

133ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, un boulet à l’Elysée 
Novembre 2009, on croyait que Nicolas Sarkozy voulait une Europe forte. Il soutint la désignation du Belge van Rompuy, obscur anonyme pas même candidat, à la présidence de l'Union. En France, Sarkozy souffrait de son entourage: Brice Hortefeux publiait des chiffres de la délinquance d'octobre sur un mois incomplet, Laurent Wauquiez promettait le recul du chômage (sic!). Valérie Pécresse faisait patienter les étudiants pour le 10ème mois de bourse tant promis.

150ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy est-il cynique ou incompétent ? 
Encore un coup sur la tête. La droite avait été laminée aux élections européennes. Et pourtant, au soir du premier tour, Nicolas Sarkozy niait la réalité: « ce n'est pas un désaveu ». Quand la gauche s'empara de 21 régions sur 22, que restait-il au Monarque ? Pourquoi personne ne s'est alors levé pour construire une alternative ?

156ème semaine de Sarkofrance: Sarko et la stratégie du touriste. 
Trois ans sont passés. Nous étions en mai 2010. Le président français s’est envolé pour la Chine. Coincé entre deux commentaires lénifiants sur la beauté des œuvres et monuments chinois, Sarkozy a dû glisser quelques phrases de commentaires sur une nouvelle crise grecque. L'euro menaçait à nouveau de disparaître. Mais Sarkozy avait choisi le retrait. On appelait cela la « représidentialisation ».

199ème semaine de Sarkofrance : Nicolas le candidat contre Sarkozy l'amateur
Bientôt 200 semaines depuis qu'il a été élu. Nous sommes fin février 2011 et l'incroyable s'est à nouveau produit. Nicolas a complètement raté la séquence internationale qui secoue l'autre rive de la Méditerranée. Le printemps arabe frappait l'Egypte, la Tunisie et même la Syrie. Mais en Sarkofrance, on s'apprêtait à livrer des grenades à Ben Ali. On effaçait les traces de quelques voyages compromettants. Quand la Tunisie fut libérée, Nicolas Sarkozy ne trouva rien de plus habile que d'y nommer comme nouvel ambassadeur un fan du colonel Kadhafi dénommé Boris Boillon.

Quand la Cour des Comptes ne croit plus aux bobards de Sarkozy
En juin dernier, l'institution dirigée par Didier Migaud livre l'un de ses derniers réquisitoires contre la gestion économique des gouvernements Sarkozy: (1) le déficit public restait « très élevé et largement structurel »; (2) les dépenses publiques ont été ralenties... grâce aux collectivités locales; (3) la Cour s'inquiétait des choix fiscaux inconséquents du gouvernement (le déficit structurel s'est aggravé de 3,7% du PIB en 2007 à 4,6% en 2009 et 4,9% en 2010 (hors plan de relance) ); (4) la situation française est « plus dégradée que dans le reste de l’Europe ».

223ème semaine de Sarkofrance : pourquoi Sarkozy est si mauvais
C'était l'été 2011, son dernier à l'Elysée. Dans la douleur, les Européens s'étaient mis d'accord sur un énième plan de sauvetage de la Grèce et de l'euro le 21 juillet. Mais plutôt que s'efforcer de le mettre en oeuvre rapidement, Nicolas Sarkozy partit en vacances. Mi-août, il était contraint de revenir à Paris à deux reprises. Mais pourquoi donc avait-il tant tardé à mettre en oeuvre le plan européen ? Quelques mois plus tard, la sanction tombait. Standard and Poors dégradait la note de la France. Nicolas Sarkozy fut un président dégradé.

262ème semaine politique: la France contre la gauche ?

C'était la première semaine de la France d'après.

Il s'est mis en retrait. La France d'après a commencé, et sans lui. Nicolas Sarkozy a davantage perdu que la gauche n'avait gagné. Dimanche 6 mai 2012, François Hollande a été élu président de la République, clôturant 5 années d'agitation immobile et 10 années de gouvernance à droite.

Cette première semaine de la France d'après fut tout en flottements et incertitudes. Sarkozy n'était plus président, Hollande ne l'était pas encore. Sarkozy confia ses adieux. Mais étaient-ils sincères ?

A droite, on attaqua encore la gauche comme s'il s'agissait de l'anti-France.

Adieu Sarkozy ?
La veille, son discours avait été jugé très digne, plus digne que son quinquennat lui-même. Il avait failli réussir sa sortie. Bien sûr, il avait calmé l'assistance de cette salle de Mutualité, emplie de fans en larmes, souvent très jeunes. Il annonça aussi que sa place dans la vie politique allait être différente. Il reconnut le résultat du vote, et donc sa défaite. Quelque 1,3 million de voix le séparaient de François Hollande. Ensemble, tout n'avait pas été possible.

Mais il lança quelques piques, à plusieurs reprises, contre le camp adverse. Des piques loin d'être anodines. « Je ne serai jamais comme ceux qui nous ont combattu. Nous aimons notre pays. » Il reprenait son antienne de campagne, « la France contre la gôche », « une France qui a su gagner avec moi en 2007 et qui sera en 2012 reconnaître la défaite », un refrain fort peu fair-play, fort peu patriote.

Lundi à ses proches, puis mercredi à ses ministres, Sarkozy fit ses adieux. Officiellement, il souhaitait bonne chance à son successeur. En coulisses, il est plus hargneux: « Se dire qu'on leur leur laisse tout ce merdier a quelque chose de délicieux » aurait-il confié à ses conseillers, d'après le Canard Enchaîné.

Il n'avait perdu ses mauvaises habitudes. Lundi, sa réunion avec les dirigeants de l'UMP fut organisée à l'Elysée.

Anti-France
Dès lundi matin, Jean-François Copé, Nadine Morano et quelques autres reprirent l'attaque sur le thème de l'anti-France. A la Bastille, la présence de quelques drapeaux étrangers les avaient choqué. Sur le Net, de nombreux billets frontistes fleurirent contre cette « France d'après », trop colorée, trop variée. Pour celles et ceux qui étaient à la Bastille, entendre cette France bigarrée chanter la Marseillaise, après la décennie ou plus que nous venions de vivre, avec quelque chose d'incroyablement patriote. Mais pas pour les rescapés de Sarkofrance. Les sbires de Sarkofrance n'avaient que cela comme slogan: Hollande n'était pas vraiment la France. La preuve !  Le slogan de campagne pour les élections législatives, dévoilé en fin de semaine, ne disait pas autre chose: « Ensemble, choisissons la France ». L'ancien avocat d'affaires, député-maire de Meaux, et proche de Ziad Takieddine, donnait des leçons de patriotisme !

Les mêmes cherchèrent également quelque querelle à François Hollande sur l'avion privé qu'il utilisa pour revenir rapidement sur Paris et célébrer la victoire de Tulle à la place de la Bastille. C'était petit, c'était mesquin, c'était faux. Notre mémoire était encore fraiche de la débauche Bling Bling du quinquennat Sarkozy qui s'achevait enfin. Une autre micro-polémique de la semaine fut alimentée sur Jean-Marc Ayrault. Le maire de Nantes, pressenti pour être premier ministre, avait été condamné en 1997 pour favoritisme puis blanchi en 2007. En droit français, sa condamnation n'existait plus. Mais en droit sarkofrançais, tout était possible. Qu'importent les affaires Karachi, Tron, Woerth, Sarkozy, Copé, Takieddine, Balladur. ...

Aucun de ses sbires de Sarkofrance n'étaient là pour commenter ces étranges nouvelles: la Grèce, que l'on croyait « sauvée de la disparition » par Nicolas Sarkozy (dixit lui-même vendredi 4 mai) s'était dotée d'un Parlement ingouvernable, et de quelques députés neo-nazis, à l'occasion des élections législatives de dimanche. Toute la semaine, les Bourses furent chahutées par un regain de spéculation contre l'euro. A Paris et ailleurs, des policiers manifestaient encore leur colère et leur désarroi. Après 5 ans de silence sous Sarkozy, la coupe était donc pleine.

Le 8 mai, Nicolas Sarkozy fut accueillant et prévenant à l'encontre du Président élu. L'image des deux cote à cote au pied de l'Arc de Triomphe était belle. Mais la trêve fut de courte durée. Certes, Sarkozy ne faisait qu'adieux, cartons et dédicaces. Mais l'UMP tentait de conserver son unité le temps du combat législatif.

Rien n'était perdu.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


La saison 2 de Sarkofrance ne fait que débuter.



Sarkozy dit adieu, Copé contre la fausse France.

Les ministres étaient émus, évidemment, lors du dernier conseil des ministres du quinquennat Sarkozy. Mercredi 9 mai, Nicolas Sarkozy leur a dédicacé l'étiquette portant leur nom qui trônait devant eux. Il a même été «applaudi debout» par les 32 ministres et secrétaires d'Etat.

Quelle émotion!

Le lendemain, Jean-François Copé, secrétaire désigné de l'UMP, lançait la campagne législative de la « vraie » France contre la « fausse » , celle de Hollande.

Finalement, rien n'avait changé. 

Sarkozy a promis d'être là
D'après Gérard Longuet, Sarkozy a déclaré: « ce n'est pas un jour triste, c'est la démocratie, c'est la règle du jeu, quand on accepte d'être élu, on doit accepter de ne plus l'être ».

Ensuite, il est parti regarder la télévision. Le Monarque, qui rendra bientôt sa couronne, se détend devant le petit écran. Il s'est trouvé des bureaux pas très loin de l'Elysée, rue de Miromesnil, à deux pas des Champs Elysées. Jeudi, il a fait ses adieux au personnel de l'Elysée. Avec 5 jours d'avance sur la passation de pouvoir, l'ancienne équipe vide les lieux. Un proche s'est confié à Arnaud Leparmentier, du Monde: « Tout cela ne l’intéresse plus. Il n’a jamais réuni de nouveau sa cellule communication . (...) L’Elysée est éteint et dans les cartons ».

D'après une autre ministre, Roselyne Bachelot, il est impossible que Nicolas Sarkozy se retirer définitivement de la vie politique. «C'est impossible d'arrêter la politique, je suis sûre qu'il n'arrêtera pas la politique. (...) Il nous a dit hier "moi aussi je vais faire de la politique, autrement, à ma place. Je ne vous quitterai pas, je vous aiderai, je serai là".» Hervé Morin, l'ancien ministre, ancien centriste, ancien candidat, ne croit pas non plus à un retrait de Sarkozy. Comment croire Nicolas Sarkozy après les 5 années que nous venons de vivre ?

Le même jour, François Fillon a présenté la démission de son gouvernement. Il se prépare aux législatives, à Paris, dans l'une des circonscriptions les plus à droite de la capitale. Nous l'avions déjà écrit. François Fillon a une conception du courage électoral très relative. Mercredi, Nicolas Sarkozy avait eu des mots très doux, et très faux à propos de son ancien premier ministre. Jamais François Fillon n'avait été premier ministre en 5 ans: « Il n'y a pas eu de couple qui se soit aussi bien entendu dans la Ve République . On était différents. Heureusement qu'on était différents, les deux mêmes, ça aurait été insupportable ».

L'UMP choisit sa France
La campagne pour les élections législatives démarre. Elle promet d'être sanglante.

1. Le Parti socialiste est loin d'être certain de l'emporter aussi aisément que l'UMP en juin 2007. Certes, le rejet de Sarkozy est très fort, bien plus fort que le score obtenu à la présidentielle, à en croire différents sondages post-scrutin publiés ces derniers jours. Environ 60% des électeurs interrogés ne voudraient plus de Sarkozy en politique. Mais justement, Sarkozy n'est plus là. Les législatives sont un autre combat. Le référendum anti-Sarkozy, pour beaucoup, a eu lieu dimanche dernier. Pourtant, la Sarkozie, même sans leader, est encore là, aux commandes de l'UMP.

2. Le Front National est en position forte dans une grosse centaine de circonscriptions. Le temps des triangulaires PS/FN/UMP favorable à la gauche est derrière nous. L'électorat est plus volatile. On a compté plus de 2 millions de votes blancs à la dernière élection, preuve d'une insatisfaction massive. La Droite populaire est objectivement tentée par des alliances locales avec le FN. Mais l'UMP s'y refuse officiellement. L'opposition est toujours divisée.

3. L'UMP a choisi son slogan législatif: « Choisissons la France ». Le message subliminal est évident: la majorité présidentielle ne serait donc pas le camp de la France. Au soir du 6 mai 2012, quelques sbires sarkozystes avaient tenté d'alimenter la polémique sur des drapeaux étrangers brandis marginalement place de la Bastille. Pendant sa campagne,  Nicolas Sarkozy lui-même avait agité la disparition de la France en cas de victoire de François Hollande. Jeudi 10 mai, Jean-François Copé, leader autoproclamé de la droite, n'a guère caché le procès en patriotisme qu'il entendait conduire contre François Hollande: «On a vu beaucoup, beaucoup de gens, beaucoup de drapeaux, sauf le drapeau français. Très bien. C'était dimanche soir. On respecte. J'ai salué comme il se doit au nom de l'idée que je me fais de la République le choix des Français. Maintenant, nous sommes déjà jeudi, quatre jours ont passé, nous pensons qu'il est peut-être bien que l'on puisse maintenant commencer chacun à réaliser ce que ça veut dire François Hollande président de la République! C'est l'intérêt supérieur de notre pays qui est en jeu ». L'intérêt supérieur de la France ? Fichtre ! François Hollande avait-il décidé depuis lundi quelque revirement qui allait précipité la faillite de la nation ? Non. Rien. La passation est pour mardi prochain.

4. L'UMP craint surtout un changement de constitution. Il faudrait les 3/5ème du parlement. François Hollande, titillé par le Front de gauche ou les écologistes, a quelques modifications en tête. La Vème République est à bout de souffle. Hollande avait promis d'y inscrire les principes de la loi de 1905 sur la laïcité; de réformer le Conseil Supérieur de la Magistrature et le statut pénal du Chef de l’Etat; de supprimer la Cour de Justice de la République comme le cumul des mandats. Et pour cela, il faut une majorité. Gross stress à l'UMP.

5. L'UMP ne veut pas non plus être jugée sur son bilan législatif depuis 2002. Depuis lundi, c'est comme si la gauche gouvernait déjà le pays. Pourtant, il faudra bien faire sanctionner une responsabilité collective. Son bilan est celui de Jacques Chirac, aggravé par Nicolas Sarkozy. Son simple bilan social est désastreux, comme le rappelait notre confrère SLOVAR: la simple réforme des retraites est un bel exemple, avec la non-prise en compte de la pénibilité.


Le jet de François Hollande face au Bling Bling de Sarkozy.

Dimanche soir, il s'est passé un truc incroyable. François Hollande s'est attardé à Tulle jusque tard, avant de repartir pour Paris pour rejoindre la place de la Bastille. Pour regagner la capitale, il n'a pas choisi d'attendre le train du lendemain matin. Ni de prendre le dernier vol Tulle/Paris. Ce dernier était parti depuis belle lurette.

François Hollande a pris un avion privé, loué pour l'occasion. Valérie Trierweiler, des agents de sécurité et son biographe l'accompagnaient. Le président élu n'avait pas réglé de sa poche la location de ce vol. Ce n'était plus une dépense de campagne... hé hé hé ... La campagne était terminée depuis vendredi soir 20 heures. Ce n'était non plus pas un cadeau, le Parti socialiste a réglé l'addition.

Dès lundi, quelques UMPistes tentèrent de lancer la polémique: Hollande, dans un jet privé ? Quel scandale ! L'agacement fut même relayé par Jean-Michel Apathie au Grand Journal de CANAL+ . L'éditocrate en chef croyait jouer les journalistes d'investigation... C'était drôle. Hollande n'avait pas caché son retour sur Paris, accompagné qu'il fut, jusqu'au tarmac, par une foule de journalistes, photographes et caméramen.

On ne savait pas ce qui gênait tant l'UMP. Mercredi 9 mai, Damien Meslot, un député UMP, demanda à François Hollande de «s'expliquer sur la location de deux avions privés», utilisés dimanche soir par le président élu et son équipe pour regagner Paris. Dixit le Parisien,
Selon lui, François Hollande, qui a affirmé «que son quinquennat serait le mandat de l'exemplarité et de la morale en politique, a déjà menti aux Français». Et de lui demander de «payer sur ses deniers personnels le coût de ses deux appareils de luxe empruntés le soir de son élection».
Mais pourquoi donc s'énervaient-ils ? Durant les 5 années écoulées, les scandales Bling Bling et autres confusions des genres n'avaient cessé, pour atteindre un niveau symbolique et quantitatif hors normes sous la Vème République. Rappelez-vous donc le dîner du Fouquet's (deux heures avec une centaine d'amis et de proches, parmi les plus riches et les plus puissants du pays), l'escapade à Malte, avec le jet avait été prêté par l'ami Bolloré yacht, le yacht Paloma également prêté; les félicitations étrangères encombrantes (comme celle de Silvio Berlusconi: « je suis le modèle de Sarkozy »); les escapades à Marrakech, Pétra (décembre 2007), New-York, ou même ce séjour à 49 000 euros dans un luxueux hôtel mexicain payé par un milliardaire, membre du Conseil d'administration de Citigroup, et soupçonné de narco-trafic dans les années 1990.

Rappelez-vous l'Airbus présidentiel à 300 millions d'euros, les sondages pour savoir si le mariage avec Carla était une bonne idée; les photographies de Carla Bruni en robe du soir sur le toit de l'Elysée pour le magazine Vanity Fair; la collecte de fonds pour le Premier Cercle de l'UMP jusque dans l'hôtel Bristol, situé en face de l'Elysée. Rappelez-vous l'épouse du ministre du budget embauchée par Liliane Bettencourt en pleine fraude fiscale; les 4X4 Nissan prêtés à Mégève au couple Sarkozy par on ne sait qui; les allers-et-retours en avions de la République, presque chaque weekend de printemps et d'été, entre Paris et le Cap Nègre.

Rappelez-vous cette présidence si exemplaire que j'ai peine à comprendre ce que ces quelques UMPistes cherchent à faire avec cette histoire de jet de François Hollande, ce 6 mai 2012. 


Rappelez-vous.


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