samedi 21 juillet 2012

272ème semaine politique: la gauche vote, la droite enrage

Les choses sérieuses commençaient enfin.

L'Assemblée votait à nouveau et enfin. La gauche s'attaquait aux derniers vestiges du sarkozysme fiscal. Les débats étaient donc enragés. L'UMP peinait encore à renouveler ses repères, les dérapages machistes de la semaine en étaient la preuve.

En coulisses, les ministres négociaient avec Bercy leur budget de l'an prochain. La situation était toujours aussi grave.

Lundi, l'anniversaire était grave. 
Il y a 70 ans, des policiers français commandés par un préfet français raflaient près de 13.000 Juifs à Paris pour les parquer au Vel d'Hiv, près du pont Bir Hakeim à Paris, avant de les déporter vers un internement provisoire en province puis les camps de la mort. Dimanche 22 juillet, François Hollande devait prononcer un discours très attendu.

A Paris, le microcosme s'agitait sur la nomination d'Audrey Pulvar, compagne du ministre Arnaud Montebourg, à la direction éditoriale des Inrocks. C'était presque aussi grave qu'un sénateur UMP possède le premier quotidien national d'information du pays.

Mais l'action politique, la vraie, celle qui exige notre attention, qui engage le pays et témoigne - ou pas - de la nouvelle gouvernance du pays avait enfin démarré.


A l'Assemblée, les débats étaient violents.
Ils étaient enragés parce que l'opposition de droite était enragée mais sans autre repère que le sarkozysme si récemment déchu. Marc Le Fur traita la ministre Fleur Pellerin de pot de fleur, pendant que ses collègues UMP sifflèrent la robe portée par la ministre Cécile Duflot. Ces railleries machistes étaient l'un des derniers refuges de quelques quinquas flétris par une décennie de mandature godillot. Contre la re-fiscalisation des heures supplémentaires, les ténors étaient tous là, ou presque. Contre le renforcement de la taxation des fortunes et des successions, Xavier Bertrand, Eric Woerth, Jean-François Copé, François Fillon, Bruno Le Maire et Valérie Pécresse s'étaient fait porter pâle. Le sujet était moins porteur. Quelques seconds couteaux attaquèrent, bien seuls.  L'UMP Hervé Mariton osa accuser la gauche de «ne pas aimer la famille». Marc Le Fur, encore lui, dénonça un « crime » contre les riches.

Les députés votèrent la loi de finances rectificative, celle-là même annoncée par Jean-Marc Ayrault avec ses 7 milliards d'euros d'impôts supplémentaires pour tenir les 4,5% de déficit budgétaire promis en fin d'année. Entre autres, les députés de gauche votèrent la fin de l'exonération fiscale et de cotisations des heures supplémentaires, l'un des vestiges les plus emblématiques du Sarkozysme budgétaire. A droite, on se prit soudain d'une incroyable admiration pour ces millions de Français modestes supposés bénéficier du dispositif. On clama aussi que cette re-fiscalisation favoriserait les heures sup' non déclarées (ce qui confirmait l'inutilité du dispositif sarkozyste) et le travail intérimaire (sic!) . Il fallu rappeler combien cette défiscalisation était inefficace (un effet d'aubaine), contreproductive (400.000 d'emplois équivalent temps plein), injuste (subventionner les employeurs qui n’embauchent pas ?), et coûteuse (4 milliards d'euros par an, non financée de surcroît !).

Les députés de gauche votèrent aussi la suppression de la hausse de la TVA décidée par Nicolas Sarkozy, un durcissement des droits de succession (via la réduction de 159.000 à 100.000 euros par enfant, du montant de dotation défiscalisée, soit un retour à la situation pré-Sarkozy), une augmentation exceptionnelle de l'ISF (2,3 milliards d'euros en 2012), un doublement de la taxe sur les transactions financières, la surtaxation des dividendes, la hausse du forfait social de 8 à 20 %, et la baisse de 30% du traitement du président de la République et des ministres. Il supprimèrent la franchise de 30 euros imposée aux immigrés sans papier pour bénéficier de l'Aide Médicale d'Etat (dont le frontiste Gilbert Collard réclamait carrément la suppression), une aberration sanitaire dénoncée par les médecins.

Cette rigueur serait-elle juste ? 
Ce premier collectif l'était, mais la prochaine loi de finances pour 2013 sera le véritable moment de vérité.

Au gouvernement justement, certains ministres bataillaient ferme pour préserver leurs budgets contre les services de Bercy désormais dirigés par Jérôme Cahuzac. A la Culture, la ministre Aurélie Filippetti s'était inquiétée, lors de son passage remarquée au Festival d'Avignon, de ces tensions budgétaires. Sa collègue du Logement, Cécile Duflot, s'alarmait qu'on prélève 1,8 milliard d’euros (sur un budget total de 3,5 milliards en 2012) sur les fonds du 1% logement. Mais elle présenta sa feuille de route en conseil des ministres: construction de 500.000 logements dans les 5 ans, blocage des augmentations de loyers au changement de bail, plan de performance thermique de l'habitat en septembre.

Pierre Moscovici était parti rencontrer ses collègues européens des Finances et du FMI. La menace d'un éclatement de la zone euro est plus que jamais crédible. Arnaud Montebourg passait d'un plan social à un autre. Après le choc des annonces de PSA vendredi 13 juillet, Hollande avait annoncé le lancement d'une contre-expertise publique. Thierry Peugeot se sentait « visé ». Après 4 milliards d'euros d'aides publiques ces 5 dernières années, il avait de quoi. Fillon vint à sa rescousse, accusant Montebourg de « mettre à ce point en cause l'image d'une entreprise pour le plaisir ». Fillon était cet ancien premier ministre d'un Monarque qui aimait tant prendre le PDG de Renault comme bouc-émissaire... De toutes façons, l'actuel ministre du redressement productif avait plusieurs dizaines d'autres plans sociaux à affronter.

Lundi, François Hollande installait officiellement la commission présidée par Lionel Jospin et chargée de « la rénovation et de la déontologie de la vie publique. » L'ancienne ministre sarkozyste Roselyne Bachelot y participait. La commission a quelques mois à peine pour proposer des mesures, entre autres sur le non-cumul des mandats, une réforme des scrutins et « des règles déontologiques de nature à garantir la transparence de la vie publique ».

L'UMP restait en rage.
En interne, c'était la guerre des chefs pour la présidence du parti dont l'élection est prévue en novembre. Rachida Dati (raillée par Bernard Debré pour ses tenues Dior) et Bruno Le Maire y pensent. Jean-François Copé espérait pouvoir attendre fin août pour trahir un secret de Polichinelle, et compter sur les franges droite et libérale du parti. Mais le sécuritaire Eric Ciotti est devenu directeur de campagne de Fillon. Et Copé traînait trop de casseroles avec son ami Takkiedine dans l'affaire de Karachi.


Ami sarkozyste, reviens.

Les choses sérieuses commencent enfin.


11 commentaires:

  1. A Paris, le microcosme s'agitait sur la nomination d'Audrey Pulvar, compagne du ministre Arnaud Montebourg, à la direction éditoriale des Inrocks. C'était presque aussi grave qu'un sénateur UMP possède le premier quotidien national d'information du pays.

    son crime c'est de ne pas être propriétaire d'une entreprise qui ne vit que de commandes d'état et n'a pas d'ex président comme VRP international

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  2. Copé, je lui dis tout de suite, cet été le golf à Marbella, tu oublie ! le yatch de roi Abdallah aussi !

    c'est pétanque au camping de tourcoing ou la présidence de l'UMP tu peut t'asseoir dessus et Fillon te fait laver sa voiture, tu peux préparer ta peau de chamoix. T'as pas fini de frotter toi ! LOL

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  3. vous y croyez à ces clivages Umps, tout ça se déroule entre juifs et maçons ! d'où leur haine maladive de Marion Le Pen...

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  4. "tout ça se déroule entre juifs et maçons ! "

    tous homos ... of course !

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  5. Tiens un troll ésoterico-conspirationniste ?

    Ouvrez la fenêtre, monsieur, et jettez vous dans le vide, oui voler est une question de volonté, absolument, assurez-vous qu'il y est personne en dessous quand même !

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  6. La rigueur juste commence un peu mal. Ainsi la partie non engagée par le député de son indemnité représentative de frais de mandat (6.412 €/mois) reste non imposable.
    Et toc !

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  7. Normal 1er dégringole !!!

    -7 points en juin et - 5 en juillet.

    Deja mal élu, illégitime, et déja impopulaire. qu'il se tienne à carreau avant de démissionner et qu'il se taise.

    La gauche est courageuse : elle augmente de 7 milliards les impots.

    qui paie le plus ? les travailleurs pauvres avec la suppression de l'exonération des heures sup

    les socialistes font la poche des pauvres.

    Par contre leur poche reste pleine : le changement c'est maintenant mais pas pour les notes de frais des députés.

    Montebourg qui n'a jamais créer UN SEUL EMPLOI insulte les entrepreneurs qui font vivre des centaines de milliers de personnes et qui ont eu le tort de laisser leurs usines en France.

    Le danger vient du fait que ce gouvernement et ce président n'ont aucune légitimité.

    Ca ne peut pas tenir.

    Un de mes employé, musulman, qui a voté Hollande m'a dit hier "il est encore en campagne Hollande. il parle mais il fait rien".

    Dans la situation économique actuelle, plus l'insécurité, l'immigration et l'islamisme on va tout droit dans le mur

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  8. ***Alerte Info AFP ***

    Oyez oyez brave gens, damoiselles et damoiseaux

    Nathalie Kosciusko-Morizet est candidate à la présidence de l'UMP

    Faites péter le quatuor à cordes, le champagne et les macarons.

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  9. Les aventures de la droite pos-sarkozyste, c'est de la roupie de sansonnet ! Même un producteur de télé-réalité ne produirait pas cette série, hi, hi ! Parlons plutôt de choses sérieuses !

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  10. mistral, tu peux partir. On a LeGall, un vrai complotiste antisémite. Je laisse son commentaire. J'ai censuré les précédents.

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  11. Tu fais ce que tu veux juan

    ce ne sera pas la première fois qu'un de mes commentaire est censuré alors que des commentaires antisémites nauséabond passent

    cela montre l'état de la gauche aujourd'hui

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