15 août 2007

"Le portable d'Abdelkader ne répond plus"

L'indocile Karl Laske, journaliste à Libération, relate les violences faites à Abdelkade, un sans-papier algérien. "Interpellé à Ermont le 26 juillet, Abdelkader a été expulsé par bateau vers l'Algérie, mercredi 8 août. Vers 4 heures du matin, une escorte policière est venue le chercher au centre de rétention du Mesnil Amelot. Il a été conduit à l’aéroport du Bourget. On lui a fait prendre un avion de la Police de l’air et des frontières à destination de Marseille, pour l’embarquement.Le vendredi précédent, Abdelkader avait été roué de coups lors d’une première tentative d’expulsion à l’aéroport de Roissy. Il s’apprêtait à déposer plainte."

Extrait: «Les policiers se sont acharnés sur lui, me raconte-t-elle [NDR: Rachida, l'amie d'Abdelkader]. Il est grand mais il est très maigre. Il pèse cinquante kilos pas plus. Les policiers l’ont mis dans l’avion à bout de bras, comme on porte un enfant. Avec sa grève de la faim, il est devenu squelettique, pour ne pas dire cadavérique. Ses mains étaient déjà menottées mais il a été ligoté... Les policiers lui ont aussi ligoté les pieds pour l'embarquer. Comme il a protesté, ils lui ont collé des bandes adhésives sur la bouche. Mon ami porte des traces de strangulations autour du cou, des bleus aux poignets, et un hématome sur la tempe gauche. Il y a eu des insultes… Je ne sais pas à quelle époque on est revenus ? Tout s’est passé avant l’embarquement des passagers. C’est grâce à l’intervention du commandant de bord qu’on l’a fait redescendre. Je l’ai retrouvé dans un état de choc incroyable. Nous avons fait appel de la décision de reconduite à la frontière, mais ils ne lui ont pas laissé le temps d'attendre le résultat

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